Hacen Boukhelifa

La tribune dont je suis co-signataire dans Libération / Seul Emmanuel Macron peut faire marcher les quartiers populaires

30 Mars 2017, 16:37pm

Photo Boris Allin Hans Lucas pour Libération

Photo Boris Allin Hans Lucas pour Libération

Plusieurs personnes de la société civile engagées dans des quartiers populaires, dont des conseillers municipaux, des entrepreneurs et des universitaires, estiment que le candidat d'En Marche est en capacité de garantir l'égalité des chances, la méritocratie et la libération des énergies pour les générations qui viennent.

Dans une Europe et une France, en proie aux populismes et à l’extrémisme, nous, qui sommes le fruit de la méritocratie républicaine et d’une France qui innove, qui invente et qui s’engage que cela soit dans le monde associatif, culturel, politique ou au sein de l’entreprise, décidons de nous engager une fois encore pour les valeurs progressistes et sociales de notre République.

Avec nos parcours, nos histoires, nos vécus différents, nous sommes des citoyens engagés dans nos quartiers populaires. Pourtant, nous ne nous sentons toujours pas représentés. Nous n’accédons jamais aux leviers du pouvoir, même local. Toujours sollicités, souvent trahis, parfois pris au piège du clientélisme tendu par certains élus uniquement préoccupés par la défense de leurs intérêts, nous ne nous laisserons plus abuser par des promesses aussi minces que factices.

C’est donc aux côtés d’Emmanuel Macron, garant des valeurs pluralistes de notre nation que nous aspirons à exercer pleinement nos droits de citoyens, à «faire société» et à participer sereinement et activement à la construction de la France et de l’Europe du XXIsiècle. Nous refusons également l’étau dans lequel sont pris les Français entre le recours à l’extrême droite d’une part et la résignation incarnée par une «droite extrême d’autre part». Cela ne peut ni être la solution, ni le message d’avenir que doivent recevoir les jeunes générations.

Libérer les énergies

Enfin, la situation sur nos territoires reste alarmante et elle s’aggraverait par un quinquennat qui ne prendrait pas en compte les problèmes profonds qui les traversent. Or, aujourd’hui le mouvement En Marche est le seul véritable espoir qui fait écho autour de nous tant le renouvellement de la classe politique française est attendu par nos concitoyens. Il nous faut donc agir !

En premier lieu, sur l’éducation et l’école : nous constatons chaque jour les effets néfastes de la surpopulation des classes, notamment de primaires, et le manque de moyens des enseignants. Quelques progrès sont attendus depuis les dernières réformes en faveur d’une école moins inégalitaire mais les défis demeurent immenses.

En second lieu, sur l’emploi et l’entrepreneuriat: il nous faut libérer les énergies et permettre à ceux qui prennent des risques d’être mieux accompagnés. Nous devons réanimer la France méritocratique et l’égalité des chances doit être incarnée par des réussites visibles qui permettront d’ouvrir le champ des possibles aux nouvelles générations.

En troisième lieu, concernant l’image des quartiers populaires : il faut leur permettre de regagner une visibilité loin des caricatures et des malentendus savamment entretenus pas les partisans de la division et du repli sur soi. On parle des quartiers populaires, mais leurs habitants n’ont que rarement la possibilité de s’exprimer. S’il s’agissait de faire la promotion de leur dynamisme, de leur créativité, et de tout ce qui contribue à la dignité de leurs habitants, on pourrait s’en accommoder.

Ressentiment à l’égard des quartiers populaires

Malheureusement depuis trop longtemps, l’appareil médiatique produit du ressentiment et de l’inquiétude à l’égard de ces territoires. Il faut que cela cesse. Ce n’est plus qu’une question de respect des populations qui y habitent, c’est une question de cohésion nationale. Si l’on continue à entretenir la vision d’une société française clivée, d’un affrontement larvé, alors l’extrême droite n’est qu’au début de son ascension. Si l’on en montrait la réalité, dans toute sa complexité, certains discours cesseraient d’avoir prise et les initiatives locales si nombreuses s’en trouveraient encouragées et multipliées.

En quatrième lieu, sur les questions de sécurité : face aux trafics qui parfois les gangrènent, nos quartiers aussi ont le droit à la sécurité et sont attachés d’une manière générale à la présence de services publics efficaces et engagés ! Sur la relation entre la population et la police aujourd’hui, la confiance est brisée et le dialogue est quasiment rompu entre une partie des citoyens et les représentants des forces de l’ordre, mettant les fonctionnaires de police dans l’impossibilité de remplir correctement leurs missions. Les jeunes se sentent particulièrement ciblés par des pratiques abusives qui, dans leur dimension symbolique, ébranlent leur appartenance à la République par une remise en cause permanente de leur citoyenneté.

Enfin sur l’identité, il ne peut y avoir de vision sans bien définir qui nous sommes et la fierté de ce que nous sommes, sans concessions ni perversions de nos principes fondateurs tels que la laïcité qui garantit à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté d’expression et le désir d’unité de citoyens actifs et imaginatifs. Nos ambitions sont à la hauteur des difficultés.

Etre en marche, c’est assumer l’histoire de chacun pour construire un récit collectif. Celui d’une France qui renoue avec la réussite et l’engagement au service des autres.

Signataires : Réda Didi, entrepreneur social et ex-conseiller ministériel ; Rachel Khan, comédienne, auteure dans le 78 ; Rost Amewofofo Adom’Megaa, artiste et président de Banlieues actives ;Halima Menhoudj, adjointe au maire de Montreuil, élue du quartier La Noue ; Hacen Boukhelifa, avocat à la cour, Nîmes ; Annouar Sassi, professeur de management et président du club de réflexion «Projection», Mulhouse ; Leatitia Martig-Decès, responsable du comité En marche à Meaux ; Said Ahamada, haut fonctionnaire et maire-adjoint à Marseille, Maria Costa, femme entrepreneur dans le 44 ; Karim Allouache, directeur commercial finance (Seine-Saint-Denis) ; Françoise Diehlmann, ex-conseillère régionale écologiste à Gennevilliers ; Mehdi Thomas Allal, maître de conférences à Sciences-Po Paris ; Assina Chettouh, cadre finance (Seine-Saint-Denis) ; Marc Concas, avocat, conseiller municipal d’opposition à Nice ; Nadia Hamad, chef d’entreprise (Seine-Saint-Denis) ;Mohamed Tria, président du club de Lyon Duchère ; Lova Rajaorinelina, conseiller politique au Kremlin-Bicêtre (94) ; Mourad Zaied, comité En marche Essonne, entrepreneur et conseiller à Massy ;Djamila Zéraoui, dirigeante Selectmaghreb à Paris ; Amigo Yonkeu, conseiller municipal à Arcueil ; Rosandre Valleray, conseillère municipale à Villeneuve-le-Roi ; Rachid Sekkour, maire-adjoint à Vandœuvre en Meurthe-et-Moselle ; Latifa Chay, rédactrice en assurances, conseillère municipale à Romans-sur-Isère, Drôme ;Vincent Malherbe, comité En marche à Perpignan ; Aicha Boutaleb, présidente de l’association des Femmes en fil, membre de l’équipe de campagne En marche en charge de l’égalité et les quartiers populaires à Nantes ; Yvon Trégoat, comité En marche à Coulommiers ; Sajeda Ré, femme entrepreneur, engagée sur le quartier de Grand-Vaux à Savigny-sur-Orge en Essonne ; Rachedi Hakim, conseiller municipal et conseiller territorial Plaine Commune à Aubervilliers ; Mathieu Collet, président d’Euros/Agency ; Guillaume Weeckteen, professeur Sens 89 ; Laurent Moinet, chef d’entreprise Sens 89

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