Hacen Boukhelifa

Portrait

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Publié par Hacen Boukhelifa

Hacen Boukhelifa : portrait d’un ouvrier de la politique. 

2012, année électorale et donc année de promesses, de passages de pommade, de pardons, de mensonges… Si les grands noms occupent le devant de la scène et monopolisent les médias, sur le terrain des personnalités continuent de se battre pour le sens premier et réel de la politique : le Vivre Ensemble, de manière la plus juste qui soit. 

Hacen Boukhelifa voit le jour en 1970. Le jour ou plutôt la nuit : à Oignies, bassin minier du Pas de Calais. Septième et dernier enfant d’une famille originaire d’Algérie, il grandit dans un coron avec un père mineur, une gueule noire, un gars de la fosse comme on dit là-haut. De son enfance, on peut dire qu’il a appris le sens de l’expression « Aller au charbon ».

 
J’ignore s’il y avait une photo de Jean Jaurès à la mairie de Oignies comme le chante Pierre Bachelet mais Hacen Boukhelifa a toujours été sensible à la cause humaine et aux valeurs de la république. Brillant élève et camarade apprécié, il ponctue ses études avec un diplôme d’avocat obtenu à Paris, profession qu’il exerce aux barreaux de Paris et Marseille et pour laquelle il a juré d’en exercer les fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité, soit exactement de la même manière qu’il vit sa vie d’être humain.
 
Intéressé et passionné depuis toujours par la politique, marqué par la victoire de François Mitterrand le 10 mai 1981 alors qu’il n’a qu’onze ans, il s’engage à gauche très jeune et le restera à jamais, même si c’est d’abord dans son pays d’origine qu’il s’illustre en s’investissant activement auprès du RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie), principal parti d’opposition au pouvoir totalitaire et répressif du FLN. Très vite, il est projeté sur le devant de la scène mais ses préoccupations demeurent identiques, l’exigence démocratique en Algérie comme partout ailleurs, le respect et la dignité pour chaque être humain, quelque soit son origine ou sa condition sociale.
 
Devenu entre temps professeur en Droit des Etrangers ainsi qu’intervenant et consultant pour la radio en qualité de spécialiste, il quitte la capitale pour Marseille, une ville dont il ressent le besoin d’y vivre. Dix ans après, c’est Marseille qui a besoin de lui.
 
Partisan actif dans les campagnes présidentielles et législatives de 2002, toujours au sein du Parti Socialiste, il prend ensuite du recul pour se consacrer à une politique de terrain, avec et auprès de ses concitoyens qui en appellent très souvent à lui pour les représenter. Toujours aussi allergique aux injustices et à la misère sociale, fervent défenseur des valeurs qui ont fait la gloire de notre pays et surtout dévoué de tous les instants, Hacen Boukhelifa est aujourd’hui reconnu dans la cité phocéenne et plus particulièrement dans les quartiers nord de Marseille pour son engagement, sa disponibilité, sa générosité et son courage. Qu’il se mue en porte parole d’associations pour exiger la sécurité des accès aux écoles pour nos enfants ou qu’il dénonce avec fermeté l’abandon des quartiers les plus populaires par les autorités en charge, il frappe du poing dans un système qu’il n’a pas peur de dénoncer et exige des comptes.
 
En 2011, écœuré par la politique menée par le président de la République Nicolas Sarkozy, il décide de mener un nouveau combat à l’échelle nationale en mettant à disposition son énergie et son savoir-faire. François Hollande, candidat du Parti Socialiste et grand favori du scrutin présidentiel de mai prochain reconnait ses compétences et le choisit en tant qu’expert auprès du pôle immigration-intégration. Une consécration pour cet acharné du travail qui à n’en point douter en appelle d’autres, même si le principal intéressé déclarera, fidèle à lui-même : « Unissons-nous et mobilisons-nous pour faire gagner la gauche en 2012 et dès que cela sera fait, travaillons ensemble pour ne pas décevoir le peuple qui en nous, place de grands espoirs et donne sa confiance. » Une humilité et un sens du devoir qui n’est pas sans rappeler celle des hommes qui descendaient sous terre, la lampe au front…
 
    Nicolas Launay MedInMarseille / Janvier 2012